Finaliste de l'édition 2004 du Battle of the Year, le crew des FANTASTIK ARMADA s'est incliné face au coréens. Voici un interview que j'ai pé-cho sur le magazine 5STYLES du mois de Novembre à Décembre 2004.
Présentations :
Fantastik Armada est un crew formé de 8 compétiteurs : Gadjet Boy, By, Daddynio, Lil Worm, Mehdi, Mathias, Valentine et moi même (Rodrigue).
Les membres du crew sont assez éparpillés...
A la base le groupe s'est formé dans le 77, mais certains des membres avaient des obligations. Il a fallu recruter d'autres membres, ce sont tous des amis mais qui sont de différents coins de la France. Même si les membres viennent d'un peu partout, on reste une famille.
Du coup pour l'entraînement, comment vous faites ?
Pour les gros évènements, on se voit et on s'entaîne ensemble quelques semaines avant l'évènement en question pour travailler à fond.
Qu'est ce qui vous amené au break ?
C'est en voyant le clip du groupe NTM "Tout n'est pas si facile" ! Il y avait des gars qui breakaientet on a tous de suite voulu faire pareil. Par la suite, on a commencé à pratiquer ça, on reagrdait les vidéos, nous n'allions pas encore sur Paris. La première fois qu'on s'est rendu à Châtelet c'était l'Amérique ! Vers 1998, on a commencé à s'entraîner régulièrement à Châtelet, c'est devenu une drogue.
Les références du break à l'époque ?
C'étaient Gabin Nuissier, Ibrahim. Ils nous ont mis dans le bain.
Comment vous êtes passés du stade de pratiquants à celui de compétiteurs ?
On ne savait pas qu'il y avait des battles de danse. En 1995, on a vu les premiers battles, on était impressionné. Puis avec la motivation, on a commencé, le premier battle auquel on a participé c'était à Cergy en 1999 et on l'a remporté. Pour nous on était les meilleurs breakeurs du monde (rires).
Quelle est la fréquence des battles de break ?
En 2003, il y avait des battles tous les week-ends ! Ce n'était pas le même rythme les années précédentes mais avec la coupe du monde de break en 2001, les battles se sont énormément développés. Actuellement c'est calme parce qu'il y a eu le BOTY mais après cet évènement les battles vont reprendre.
Pensez-vous que le fait de donner de l'argent aux breakeurs tue l'esprit de la danse ?
Tout travail mérite salaire ! (rires) On s'entrîne du et on se casse les genoux ou les coudes (ndlr Karim me montre ses coudes tout croûteux !). Un money Price c'est motivant, et ça fait monter le niveau.
Quel est le plus important money Price que vous avez gagné ?
C'est 3000 Euros, d'ailleurs le battle va avoir de nouveau lieu et on sera là ! Ils nous ont fait galérer pour payer parce que c'était des subventions. A Bordeaux, il va y avoir un battle avec un prix de 5000 Euros.
Pensez-vous que le niveau a réellement évolué ? Aujourd'hui, on reproche à la nouvelle génération de breakeurs de pratiquer un style qui se veut plus spectaculaire que musical ?
Oui, par rapport à avant (ndlr 2000/2002), c'est différent. Avant c'était les pas de préparation, Up rock, Pass Pass les mouvements de base. Et c'est vrai qu'ils ont oublié les bases de la danse, danser sur le tempo, puis ajouter ta personnalité.
Avec le temps, les breakeurs apprenent et cherchent à acquérir un style plus musical, plus complémentaire.
Comment voyez-vous les anciens ? Je me souviens qu'à l'époque Ben J déclarait que les anciens n'étaient bons qu'à donner des cours de danse ou à faire des spectacles ?
Il faut respecter les anciens, ils ont permis à la danse d'être présente aujourd'hui, ils nous ont transmis les valeurs de la danse. ce sont les précurseurs de notre mouvement, il ne faut pas l'oublier.
Aujourd'hui vous vivez de la danse ?
Je gagne 5000 euros par mois, c'est un gain que j'ai en donnant des cours de danse, en faisant des spectacles et en participant à des battles. Parfois on peut gagner moins, mais en étant en haut de l'affiche tu peux vivre correctement.
On a également fait des tournées pour Tony Parker, une dizaine de dates su toute la France.
Pensez vous que les spectacles restent dans l'esprit hip hop ?
C'est une autre adrénaline, mais il suffit de donner ton état d'esprit. C'est une performance, tu peux avoir des phases difficiles dans un spectacle.
Pensez-vous que les danseurs sont assez médiatisés ?
Oui, de plus en plus masi cela reste assez élitiste. On parle du break dans les revus spécialisées mais pas dans les revues grand public. Il y a un problème parce que ce sont toujours les mêmes qui sont médiatisés
Comment voyez-vous le rap ?
On a fait un morceau de rap. Il raconte notre parcours dans le break, il faudrait qu'on te le ramène pour que tu te fasses une idée. Le rap fait partie de notre style de vie. Pour certains, il y a une séparation entre la danse et le rap, pour nous c'est indissociable : on peut très bien faire des scènes avec d'autres éléments comme le graff, le rap ou le deejaying. C'est un ensemble, et ce sont les valeurs de l'époque.
Et les médias ?
J'écoute Génération (88.2), après t'as d'autres médias grand public comme Skyrock qui tournent en rond et n'apportent rien. Les mêmes titres qui tournent en boucle ça casse la tête.
Les meufs dans le break ?
Les filles sont présentes dans les battles, il y en a d'ailleurs de plus en plus. Valentine fait partie de notre crew, tu as également Bibiche, Anaïs, Pooki, Monica, Babyson.
Et un battle mec contre meuf, ça se vaut en terme de niveau ?
Ousi, Bibiche elle fait trop de trucs maintenant.
Le mot de la fin :
On est là, et pour ceux qui débutent, ou qui sont déjà dans le break : travaillez et ne lâchez pas l'affaire !
Vous pouvez trouver des vidéos de FANTASTIK ARMADA sur EMULE !!!
site de 5STYLES : ->
www.5styles.com
blog officiel de FANTASTIK ARMADA : ->
fantastik-armada.skyblog.com